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Stigmate et discrimination
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FAITS CLÉS
- Le stigmate et la discrimination
contribuent à la propagation du VIH/sida.
- La stigmatisation
est une forme de préjugé
qui a pour effet de discréditer ou d’ostraciser
des individus ou des groupes parce qu’ils sont
perçus comme étant différents
de soi ou de ce qui est généralement
accepté. Lorsque les gens transforment leurs
préjugés en acte, il s’agit de
la discrimination, et cela constitue
une violation des droits humains. Mais on
peut y faire quelque chose.
- La remise en question de nos propres
attitudes par rapport aux personnes vivant avec le
VIH/sida peut mettre fin au stigmate et à la
discrimination reliés au VIH/sida, lesquels
permettent à celui-ci de se propager sans entrave
tout en diminuant la qualité de vie dans nos
collectivités.
- Vivre à l’abri de la
discrimination est un droit fondamental de l’être
humain. C’est la loi.
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En ce qui concerne le VIH/sida, le stigmate
est une forme de préjugé qui découle
principalement de la peur et de l’hostilité qu’éprouvent
certains à l’égard de la maladie ou des
groupes les plus durement touchés par celle-ci.
Par exemple, au cours des premières
années de l’épidémie au Canada,
le VIH/sida touchait beaucoup d’hommes gais ou bisexuels.
Cette communauté est donc devenue une cible facile
pour la stigmatisation en raison de sa grande visibilité.
Les préjugés ne se transforment
pas toujours en acte, mais la possibilité d’une
telle dégénérescence est une source d’isolement
et de stress pour les personnes vivant avec le VIH/sida.
La stigmatisation conduit
à la discrimination.
Dans ce contexte, la discrimination
se produit lorsqu’il y a violation des droits des personnes
vivant avec le VIH/sida et de leurs proches. Le début
de l’épidémie a connu des cas de discrimination
très clairs. Plusieurs gens se voyaient refuser des
soins médicaux ou même le service dans les restaurants
ou d’autres endroits publics. Quant aux enfants atteints
du VIH/sida, on leur refusait l’admission à des
garderies et à certaines écoles.
De nos jours, la discrimination a tendance
à être plus subtile dans la société
canadienne, mais les résultats n’en demeurent
pas moins destructeurs. Si, par le passé, les personnes
que l’on savait séropositives risquaient de se
faire congédier définitivement, il arrive aujourd’hui
qu’elles soient mises à pied ou que l’on
exerce des pressions visant à les faire démissionner.
Ailleurs au monde, la discrimination prend
toujours des formes plus flagrantes. Dans certains pays, on
refuse aux personnes vivant avec le VIH/sida le droit de se
marier ou d’obtenir un visa de touriste, et des cas
de meurtres surviennent encore.
Les droits humains interdisent
tout acte discriminatoire fondé sur la race, la couleur,
le sexe, la langue, la religion, l’affiliation politique
ou autre, l’origine nationale ou sociale, la propriété,
le lieu de naissance ou tout autre statut. Selon la déclaration
de la commission des Nations Unies sur les droits humains,
la rubrique « autre statut » comporte l’état
de santé, dont le fait de vivre avec le VIH/sida.
La discrimination associée au VIH/sida
constitue une violation des droits humains. Les personnes
qui font de la discrimination sont sujettes à des poursuites
judiciaires.
Il existe aujourd’hui dans notre société
des attitudes bien enracinées par rapport à
la sexualité, aux rôles sexuels, à la
race et aux groupes ethniques qui influent sur les réactions
des gens face aux personnes et aux groupes touchés
par le VIH/sida. Ces stéréotypes et iniquités
préexistants dépeignent comme inférieurs
les femmes, les personnes de certaines races ou situations
sociales et les personnes d’orientation non hétérosexuelle.
Ces attitudes préexistantes ont contribué à
la stigmatisation de plusieurs catégories de personnes
vivant avec le VIH/sida : les hommes gais et bisexuels, les
utilisateurs de drogues intraveineuses, les Autochtones, les
travailleurs du sexe et les détenus.
La stigmatisation et la discrimination à
l’endroit des personnes ayant le VIH/sida peuvent également
découler d’une peur excessive de la maladie ou
des groupes les plus touchés ou bien d’un sentiment
de honte à l’égard de la sexualité.
Par exemple, des études menées en Amérique
du Nord révèlent que les gens sont plus enclins
à blâmer les hommes gais et les utilisateurs
de drogues pour leur maladie et, conséquemment, sont
moins susceptibles de leur venir en aide.
Voici une liste de facteurs susceptibles
de déclencher des actes de stigmatisation et de discrimination
:
- un manque de connaissances sur la maladie,
y compris des idées fausses quant aux modes de transmission
du VIH;
- des craintes par rapport à l’aspect
incurable du sida (peur de la maladie et de la mort);
- une couverture médiatique irresponsable
qui accroît la peur et fabrique des rumeurs;
- des préjugés à l’endroit
des personnes différentes en ce qui a trait à
l’orientation sexuelle, au sexe, à la race
ou à l’ethnicité;
- des jugements fondés sur des valeurs
qui condamnent l’utilisation de drogues injectables.
Voici une explication des façons dont
les stéréotypes enracinés se traduisent
en stigmate et en discrimination :
Orientation sexuelle et sexualité
Puisque le VIH se transmet principalement
par l’activité sexuelle, il est facile pour les
gens qui entretiennent des attitudes négatives face
à l’homosexualité, aux travailleurs du
sexe, à la promiscuité sexuelle ou aux maladies
transmissibles sexuellement de stigmatiser les personnes vivant
avec le VIH/sida et de faire de la discrimination contre elles.
Dans ce contexte, un stigmate est collé à des
individus et à des communautés, de sorte qu’ils
sont jugés « anormaux », « déviants
», « honteux » et « coupables »
de leurs propres malheurs.
Sexe
D’aucuns reprochent aux femmes séropositives
d’avoir été infectées par leur
propre faute. En raison de stéréotypes profondément
enracinés voulant que « les bonnes filles s’abstiennent
», les femmes ayant le VIH/sida risquent d’être
jugées comme étant « de moeurs légères
» (par ex. : les travailleuses du sexe) ou « déviantes
» (par ex. : les lesbiennes). De fait, les attentes
préexistantes fondées sur le sexe rendent les
femmes plus vulnérables au VIH/sida parce qu’elles
découragent celles-ci de prendre les précautions
nécessaires contre la maladie ou de rechercher des
soins de peur d’être jugées « immorales
».
Race et ethnie
Les suppositions racistes n’ont rien
de nouveau dans l’ère du VIH/sida. La stigmatisation
et la discrimination envers les membres d’une race ou
d’un groupe ethnique spécifique créent
un contexte où les minorités, notamment les
Autochtones et les Canadiens originaires de pays où
le VIH est répandu, sont exclues de la société
majoritaire. S’ils sont déjà infectés,
cette forme de discrimination accroît la vulnérabilité
de ces individus aux effets de la maladie en rendant les services
dont ils ont besoin plus difficiles d’accès.
S’ils ne sont pas déjà infectés,
elle accroît les risques d’infection.
Classe sociale
Depuis très longtemps, les pauvres,
les itinérants, les chômeurs et les personnes
ayant peu d’éducation sont victimes de stigmatisation
et de discrimination dans presque toutes les sociétés.
Ces catégories peuvent comporter beaucoup de jeunes,
d’Autochtones, d’utilisateurs de drogues injectables
et de femmes, la grande majorité desquels auront beaucoup
de difficulté à obtenir des soins, des traitements
et du soutien.
Peu importe leurs circonstances particulières,
les personnes vivant avec le VIH/sida ont une perspective
commune en ce qui a trait à la stigmatisation et à
la discrimination, que voici :
- La stigmatisation et la discrimination
sont présentes tout au long de leur expérience
en tant que personne vivant avec le VIH/sida;
- La stigmatisation et la discrimination
sont souvent subtiles et difficiles à contrer;
- La stigmatisation et la discrimination
contribuent à leur sentiment d’isolement, à
leur insécurité et à leurs souffrances;
- La stigmatisation et la discrimination
sont une source de douleur et de stress, tant pour elles-mêmes
que pour leur famille.
Chez les personnes séropositives les
plus marginalisées, à savoir les détenus,
les toxicomanes, les jeunes hommes gais, les Autochtones,
les nouveaux Canadiens et les femmes, le blâme se dédouble
: d’une part, on reproche à ces groupes leur
identité et, d’autre part, on accuse cette identité
d’être la cause de leur infection. Compte tenu
de leurs circonstances, il est clair que ces individus sont
les moins en mesure de se battre.
La stigmatisation et la discrimination associées
au VIH/sida entraînent de graves conséquences
pour les personnes affectées par la maladie, que ce
soit directement ou indirectement. Chez les personnes non
encore infectées qui sont aux prises avec une autre
sorte de stigmate social, le risque d’infection par
le VIH s’accroît. Pour la personne déjà
infectée, le stress, le besoin de cacher sa séropositivité
et l’isolement social ont un impact néfaste sur
la santé psychologique. Parmi les autres conséquences,
mentionnons :
- harcèlement de la part d’un
employeur ou de collègues qui fait en sorte que la
PVVIH hésite à réclamer des prestations
médicales ou d’invalidité ou a peur
de se faire licencier en raison de son statut VIH;
- refus d’un logement en raison du
statut VIH, de l’orientation sexuelle ou de la source
de revenus;
- retardement du diagnostic et traitements
de qualité inférieure aux normes;
- réticence à accéder
aux services de santé en raison de propos ou d’attitudes
discriminatoires ou stigmatisants;
- exclusion ou sous-représentation
dans les recherches sur le VIH/sida.
Il est surprenant de constater le nombre
de personnes qui s’obstinent à ignorer qu’il
est possible de vivre longtemps avec le VIH/sida. Les progrès
dans le domaine des traitements offrent un nouvel espoir pour
l’avenir. En sensibilisant les gens à ces nouvelles
tendances, il sera possible d’atténuer la peur
et l’angoisse que provoque l’épidémie
et de réduire l’incidence de la stigmatisation
et de la discrimination et ce, autant dans nos foyers et milieux
de travail que dans nos communautés
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